CLASSIFICATION DES DANSES ARABES PAR NADIA MAKHLOUF

Les danses arabes traditionnelles

1. La danse arabe classique ou Raqs Arabi Assili

Datant de l’Antiquité, la danse arabe classique n’a cessé d’évoluer dans l’histoire et le temps. Elle lie le sacré au profane, l’Orient et l’Occident et surtout mêle maints riches héritages de grandes civilisations. Cette forme de danse s’est ensuite perpétuée durant l’Âge d’or de l’Islam dans les palais sur un répertoire de musiques dites savantes « Wasla ou nouba ». Portée par les Almées au XIXe siècle, elle prend un essor au XXe siècle par le biais du cinéma égyptien et des grandes compositions plus modernes. Cette forme d’expression très raffinée se reconnaît à son caractère lyrique et se définit par des gestes amples, gracieux et fluides. Son langage transmet non seulement un héritage ancestral mais aussi toutes les émotions d’une expérience humaine universelle. C’est une danse féminine et puissante dont les possibilités créatives sont nombreuses. Elle regroupe un ensemble de rituels ou le culte de la beauté est tout un art. retour au répertoire

2. Les danses populaires : Chaabi

Le terme Chaabi signifie littéralement « populaire ». Il regroupe toutes les formes d’expressions artistiques d’un peuple. Il comprend tous les styles musicaux d’une région définie par un contexte rural ou plus récemment, citadin. Cette dénomination « populaire », apparemment d’origine algérienne, a été choisie vers la moitié du XXe siècle, en opposition à la musique « savante » arabo-andalouse. Au départ, il s’est articulé autour d’une formation composée essentiellement d’instruments traditionnels, tels que la Kamanga (le violon), le qanoun (la cithare horizontale), les percussions… Le synthétiseur figure dans l’évolution récente. Les chants sont toujours en dialectal et sous une forme poétique, mais les rythmes, incitant souvent à la danse, varient selon la région ou le pays. Il peut donc y avoir plusieurs styles de Chaabi dans un même pays ou région. Généralement amenées dans un contexte festif et de divertissement, ces formes d’expression, autrefois exploitées uniquement par les hommes, ont accueilli plus tardivement les femmes. Au fil du temps, de véritables groupes d’artistes du chant, de la danse et de la musique se sont formés et professionnalisés dans ce répertoire et le terme Chaabi s’est répandu dans toute l’Afrique du Nord. retour au répertoire

3. Les danses arabes sacrées et ou religieuses

Les danses sacrées sont étroitement liées à l’Islam, religion dominante dans le monde arabe, mais plus particulièrement au Soufisme, mouvement mystique où la pratique de la danse fait partie des rituels constituant les cérémonies de commémorations. Ces danses majoritairement collectives sont encore bien vivantes et pratiquées lors de périodes de fêtes religieuses comme le Ramadan. Les formes varient selon l’héritage culturel et les croyances de chaque pays. Quelques exemples : la Hadra Aïssawiwa, les Gnaouas… (Maroc), le Sama des derviches (Turquie, Syrie...)… retour au répertoire

4. Les danses folkloriques

Ce sont des danses de cérémonie effectuées par les membres d’une communauté. Elles permettent de créer un espace de séduction, d’expression de soi, de compétition et de divertissement. Elles ont souvent pour fonction de créer ou de favoriser un sentiment communautaire. Les costumes et accessoires contribuent également à caractériser le groupe et le genre de cérémonie. On danse souvent à l'occasion des fêtes religieuses ou civiles, ou bien lors des événements marquant l’existence, tels que la naissance, l’initiation, l’ascension sociale et le décès. Les noces comptent parmi les occasions de danser les plus répandues. Ces danses transmises de génération en génération se ponctuent aussi par des évènements cycliques liés à la vie économique de la communauté. Par exemple, les changements de saisons ou de lune, les différentes étapes du cycle agricole, de la pêche ou de la chasse… Les pas sont simples et répétitifs, de sorte que tout membre de la communauté puisse participer à la danse. La disposition et les déplacements dans l'espace prennent des formes variées, souvent associées, au moins à l'origine, à des significations symboliques. Le cercle, qui est peut-être la forme la plus répandue, favorise le développement d'un sentiment d'unité entre les danseurs. retour au répertoire

Les danses arabes modernes

1. La danse orientale : Raqs el Sharqui

La danse orientale est la danse arabe la plus répandue en Occident où elle connaît un bel essor depuis quelques années. Elle fait sa place sur les scènes culturelles, les écoles, et les enseignants sont de plus en plus nombreux et les pédagogies de plus en plus pointues. C’est la première danse arabe transmise de manière académique. Cette forme de danse moderne est la plus occidentale des danses arabes. En effet, elle est apparue au cours des années 1970, période sous influence occidentale et sa pédagogie est calquée directement des écoles de ballet classique russe. Issue des danses traditionnelles d’Egypte, la danse orientale s’est développée dans un premier temps dans les cabarets, et s’est répandue petit à petit dans tous les pays arabes. retour au répertoire

2. La danse arabe-fusion

La danse arabe-fusion regroupe toutes les formes de danses arabes influencées ou mélangées avec d’autres esthétiques. Ce répertoire découle très souvent des courants musicaux en vogue ou à la mode. Quelques exemples : Tribal, Oriental-Flamenco,… retour au répertoire

3. La danse arabo-contemporaine

La danse arabo-contemporaine est la forme de danse la plus récente, elle se développe surtout en Europe. A partir des danses traditionnelles, sur des musiques modernes arabes ou non, mixées ou folkloriques, cette forme laisse place à un mode d’expression plus personnel ouvrant ainsi des possibilités infinies. Elle suit un courant artistique actuel, épuré et universel. retour au répertoire

Nadia